quelle nouvelle gauche?Comment répondre aux attentes populaires?
Par thierry dupont le samedi 20 octobre 2007, 08:35 - Lien permanent
contribution au congrès PCF" extraordinaire" à venir!....Contribution pour la discussion du congrès de Dec.2007 .
« RESISTANCE, RIPOSTES, PERSPECTIVES… » : Non !le capitalisme ne change pas,il s’auto adapte comme un caméléon ;c’est dans la logique de sa survie…
Problématique centrale : pourquoi l’érosion puis le déclin du PCF et, avec lui, toute idée de progrès social et d’alternative au système capitaliste actuel et dominant la planète ,en panne, alors que la paupérisation via l’extension de la précarité fait des ravages dans les pays développés et ailleurs !; il ne s’agit pas du seul PCF mais de l’ensemble des partis » marxistes « européens en cause,alors qu’en Amérique latine s’amorce une reconquête sociale et politique d’une « vraie Gauche ,remettant fondamentalement le diktat de la Bourse reine ! »…à voir !
J’ai retenu 3 groupes de thèmes centraux à partir de l’inventaire proposé. 1°) quelle image/ »étiquette communiste »/organisation/militantisme 2°) glissement à droite de la société/quel crédit à l’idée de progrès ou maintien des acquis sociaux 3°) projet PCF en creux/crédibilité économique/à quoi sert le Marxisme en 2007 ?
Pourtant la lutte de classes n’a jamais été aussi âpre et aiguisée qu’actuellement, au plan national comme au plan mondial ! TOUT est intimement lié : l’image négative du PCF,le militantisme en perte de vitesse,le « glissement à droite » de la société,l’idée de fatalité de la crise,d’être écrasé par la « mondialisation »trop complexe pour avoir prise sur le réel,la politique du moindre mal,la confiance en un Messie qui sait tout et s’occupe de tout,la division de la gauche, les déceptions vis à vis « des gauches », » on met tout le monde dans le même sac »…alors qu’en même temps beaucoup ont le sentiment que les choses se dégradent fortement sans pouvoir arrêter le cours des choses !: niveau de vie,avenir plus difficile pour nos jeunes,précarisation étendue,niveau de chômage inquiétant, remise en cause de tous les acquis sociaux (retraites ,sécu,pouvoir d’achat,services publics,fraternité en recul, libertés politiques attaquées et démocratie affaiblie avec un Bonapartisme remis au goût du jour ,dérives militaristes et guerrières…!
Changer le nom en lui-même seulement ne résoudra rien, même si c’est vrai que « l’étiquette « PCF », vu l’anti- communisme délirant, peut être un obstacle quelque part à une adhésion à nos propositions même si sur le fond on est d’accord avec nous !Je crains une dissolution/dilution qui risquerait de nous affaiblir plus encore! On pourrait simplifier la hiérarchie et créer une « grande fédération de la Gauche » où chacun garderait son autonomie et son identité propre : cela inciterait peut être à développer plus une émulation permettant aussi à plus de gens de s’impliquer et militer…l’image on la changera sur le terrain,par un travail de fourmi et par la pertinence de nos analyses , des actions et des propositions !On peut et doit reconstruire un idéal et une perspective de progrès républicain sur du solide et plus sur de l’utopie/fantasme d’un monde meilleur qui a suscité un très grand espoir dans le monde au 20eme siècle,et en fait basé sur des mensonges d’une expérience unique et dévoyée ,qui avait oublié » la vraie » démocratie , au nom de Marx et du peuple! Changer de nom oui, à condition d’avoir des symboles/repères/slogans simples et accessibles à tous, d’avoir un projet crédible et concret, avec des dirigeants jeunes et dynamiques et offensifs et eux mêmes convaincus, sans donner l’impression aux gens de douter soi même, de tâtonner ,de s’auto critiquer tout le temps!...Et pour mettre quoi comme nom à la place ?; « Alternative Gauche », ou « à Gauche », »Alternative citoyenne et républicaine », »Alliance républicaine de progrès social », « alternative communiste républicaine »… ??? Historiquement les idées socialistes de changement de société et d’alternative crédible pour un mieux être apporté » au monde du labeur «, toujours délaissé depuis des siècles, a gagné en influence au cours des années30 puis surtout des années 50/60 pour 2 raisons :à la fois l’espoir de construire un monde plus juste et en même temps une amplification de la critique du système capitaliste , « en creux », l’un alimentant l’autre dans une dynamique positive. Or la réalité du vécu des systèmes socialistes existants est apparu au grand jour et ces systèmes ont quasiment tous disparu en 1989 /91 ! Quelque part on s’est trouvé orphelin, la chute » du mur » renforçant forcément » le mur de l’argent » dans le monde, de facto !...L’accélération de notre déclin date de là !On a donné l’impression d’être déboussolés,de perdre notre âme,d’accélérer la division du parti à l’intérieur,d’être ballottés,d’être en panne,en bout de course,de ne pas savoir nous même ce que nous voulions et d’être à la remorque d’un PS qui ne s’est pas gêné pour nous dépecer ! On a largué un à un nos symboles, repères et références, donnant indirectement de l’eau au moulin à nos détracteurs !!!On était entré dans une spirale de déclin, renforçant les idées que, puisque il n’y avait plus de crédit à gauche, celles de résignation, de moindre mal, de fatalité de la crise sans perspective et alternative possible gagnaient en ampleur, aidées d’ailleurs par la sociale démocratie qui y trouvait sa revanche sur le Congrès de Tours ! Autre raison au glissement à droite de la société : ce que les jeunes générations trouvent en arrivant sur le marché du travail, elles le voient comme allant de soi, en ignorant que les avancées sociales depuis 150 ans environ sont le fruit de luttes difficiles et dans des contextes économiques toujours durs ! : de toute façon pour le patronat,ça n’est jamais le bon moment de demander des augmentations de salaires ou autre acquis !Les progrès en matière de droit démocratique aussi ont du être arrachés un à un (congés,retraites,sécu, ,droit de vote,de grève, d’association …)Le CNPF/Medef n’a jamais fait de cadeau au monde du travail dans son ensemble,(=le monde salarié ,plutôt que classe ouvrière seule,devrait on dire maintenant)ça se saurait ! Donc, le système capitaliste permet le progrès social,démocratique ET économique( !),pour ces générations, alors que communisme est synonyme de privations, de manque de libertés, de manque d’initiatives etc…et donc d’échec total !Alors que la vérité est toute autre :Durant ce 20eme siècle écoulé,force est de constater que grâce aux idées communistes ,à leurs analyses,actions et propositions, les domaines de la santé,de l’éducation,de culture populaire,de sport accessible à tous,d’émancipation de la femme,de lutte pour faire reculer le racisme,,pour la Paix,contre les guerres coloniales et le fascisme et toutes les dictatures ont été des acquis et avancées formidables,inimaginables quelques décennies auparavant, qu’ils soient au pouvoir ou pas !La dynamique était dans notre camp ! Les années 80/90 marquent un tassement et un recul des idéaux et points marqués face à la grande bourgeoisie d’affaires et spéculative ! Thatcher annonce vite la couleur avec sa contre révolution néolibérale et ultra réactionnaire : on a l’impression que, arrivé à un stade de développement et d’acquis sociaux le rôle des PC dans les pays développés devient inutile, qu’il a joué sa pièce et qu’on n’a plus besoin de lui. Alors que la vigilance permanente s’impose et que rien n’est définitivement acquis en matière d’avancée sociale! 2 domaines sont à investir tout le temps : c’est la Démocratie réelle et le niveau de vie qui passe par le pouvoir d’achat. (Redistribution des richesses) Que faire ? Etre marxiste aujourd’hui c’est faire vivre pleinement et vraiment notre devise républicaine qui est toujours très révolutionnaire ! Que de bastilles à prendre …! Il faut un projet porteur simple, accessible, attractif et dont les objectifs soient atteignables !
Reprendre par exemple les 3 éléments de la devise républicaine, un à un et leur repréciser leur contenu:
LIBERTE : en développant la démocratie sur le lieu de travail et en redonnant le poids qu’il mérite au Législatif en changeant de constitution !
EGALITE : En redonnant un rôle moteur à l’Etat en investissant dans les services publics de qualité pour tous !et en assurant la redistribution des richesses par une fiscalité plus juste et efficace !et en responsabilisant l’élite patronale et boursière !
FRATERNITE :En affirmant le principe de solidarité et en faisant de la sécu et des retraites une priorité absolue ! Bref, ne plus se sentir sous tutelle des Diktats de la Bourse,et arrêter la sacro sainte règle de la concurrence exacerbée,qui provoque plus de gaspillage que d’émulation positive !
Une définition du CAPITALISME s’impose aussi ! Pourquoi son triomphe alors qu’il est si décrié ? C’est un système économique qui est basé sur la libre concurrence et l’appropriation par le privé de tous les moyens de production, d’échange et de communication dont le principal objectif est d’accroître sa rentabilité financière et boursière sans être en aucune manière responsabilisé sur les conséquences sociales et humaines dans la société :il ne doit pas exister de « contrat social « pour cette logique implacable et absurde !Le Socialisme au contraire prend d’abord en compte la dimension de l’Homme et de son émancipation permanente ,et tout le reste lui est subordonné ! Qu’est ce qui est séduisant dans ce système libéral ? Les progrès technologiques vertigineux qui favorisent d’ailleurs l’individualisme, le choix et la qualité des biens et services proposés, l’impression que le progrès est infini, l’apparente liberté de création, la possibilité de pouvoir se « débrouiller » et de trouver une issue aux difficultés, de promotion pour certains, l’illusion du self made man,le « modernisme »…etc. !Le problème est que le fossé se creuse de façon vertigineuse à l’échelle de la planète et dans chaque pays à cause de cette fuite en avant sans responsabiliser les profiteurs ou gagnants :la réussite d’une poignée se fait toujours au détriment d’une majorité de plus en plus importante ! Il faut repréciser le rôle de l’Etat, réinventer une démocratie à la base, réelle, replacer la fiscalité et les services publics dans un rôle de redistribution des richesses et de planification en respect avec les enjeux écologiques. (Pillages) Qu’est ce qui nous différencie finalement nous, communistes, de tous les autres ? 1°) On connaît la nature profonde des fondements du système capitaliste, à savoir la recherche effrénée de profits, surtout boursiers et financiers actuellement, où seul le court terme compte ! 2°) On est très lucide sur les conséquences désastreuses des mesures de désengagement de l’Etat. 3°) On est convaincu qu’il y a une marge de manœuvre financière, par la fiscalité entre autre chose, pour permettre d’assurer le progrès social qui n’est pas du tout antinomique avec toute idée de progrès économique ! Il s’agit d’opérer des choix de société ! La bourse ou la vie ?
On pourrait citer Chabrol à notre propos qui a dit que les (partis) communistes donnaient toujours de très bons diagnostics sur le malade mais qu’ils n’arrivaient pas à bien les soigner ! ! L’enjeux c’est être crédible et d’être attractif, de tenir compte à temps de l’avis de tous ( !), car les ravages du capitalisme sont bien là ! On gagnera en crédibilité quand on ne donnera plus cette impression de se définir en creux, mais en reclarifiant les choses plus simplement et en étant à l’offensif, sans complexe: Exemples de quelques grands thèmes (re)fondateurs: Rôle de l’Etat,de la fiscalité,définir l’écart riche/pauvre,l’éradication du chômage,l’inscription dans la constitution du rôle( avec la liste) des services publics indispensables,de développer une démocratie plus active, nouvelle,de définir les politiques de logement,de formation,d’abolir toute précarité,de revoir l’Education,la systématisation du développement des transports bon marché en privilégiant les transports en commun,de santé gratuite ,de retraites avant 60 ans,bref tout ce qui doit caractériser un pays moderne à haut niveau de vie,et socialiste !...( liste non exhaustive !) En 2 mots : dépoussiérage pour clarifier les choses, être décomplexé en remettant au goût du jour l’idée de Socialisme à réinventer, être à l’offensive et réinvestir le terrain du militantisme… Et recréer une dynamique de reconquête idéologique…









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